À quoi ressemble la bande-son de Paris ? À l’accordéon un brin cliché de Yann Tiersen flottant au-dessus de la Seine, ou à la pop brillante de Mon Soleil, interprétée par Ashley Park dans Emily in Paris ? À l’approche d’Art Basel Paris, nous avons demandé aux membres de l’équipe de partager les morceaux qui, selon eux·elles, capturent l’esprit de la capitale. Le résultat ne se veut pas une playlist exhaustive – Paris ne tolérerait jamais une chose aussi pragmatique. C’est plutôt un portrait collectif désordonné, né de désirs, de goûts et de souvenirs personnels, traversant les époques, les arrondissements et les cultures.

Si vous arrivez en avion, avant même d’atterrir à Charles-de-Gaulle, mettez-vous dans l’ambiance avec La Femme d’argent d’Air. Élégant et suspendu, le morceau appartient à ce moment où Paris n’est encore qu’une promesse, chargée d’attentes irréalistes. Puis, dans le taxi, alors que le Grand Palais se dessine derrière la vitre, quoi de mieux que l’intemporel Les Champs-Élysées de Joe Dassin ?

La playlist glisse ensuite vers les bandes originales du cinéma d’auteur, le jazz et Saint-Germain-des-Prés. Générique, composé par Miles Davis pour Ascenseur pour l’échafaud (1958) de Louis Malle, convoque une capitale en noir et blanc, version polar nocturne. Petite Fleur de Sidney Bechet offre une ode plus douce à la Rive gauche, tandis que J’ai deux amours de Joséphine Baker et Laissez-moi danser de Dalida évoquent un Paris fait de glamour, d’exil et de réinvention. Hemingway voyait dans la ville « une fête mobile » ; Dalida en fait une discothèque.

Si vous êtes en quête de spiritualité, direction le Père-Lachaise, avec Feast of Friends de Jim Morrison en fond sonore. Quand la ville dort de Niagara accompagnera vos insomnies parisiennes, tandis que Sous le ciel de Paris de Juliette Gréco en rappelle les rues plus silencieuses. Avec Respire encore de Clara Luciani, Paris de L’Impératrice et The Wave de Jungle, la playlist rejoint le présent : les nuits, la danse, et l’énergie collective d’une semaine de foire.

Un nouveau jour se lève. harvest sky d’Oklou et underscores est brut, chaotique, euphorisant – parfait pour une séance de sport matinale. Después de un Beso de Havana D’Primera évoque les after-work en bord de Seine, au Rosa Bonheur, ou au cœur du parc de la Villette, au Cabaret Sauvage. L’atmosphère change encore avec Tout est bleu d’Âme Strong, qui saisit l’heure bleue après une longue journée moite. Puis vient Supernature de Cerrone, hymne disco à l’excès hédoniste.

Ailleurs, construit autour d’un sample de Bonnie and Clyde de Serge Gainsbourg et Brigitte Bardot, Nouveau Western de MC Solaar replie la mythologie de la pop française dans le hip-hop des années 1990. Comme ils disent de Charles Aznavour et Quatrième de couverture de Vincent Delerm invitent, eux, à un précieux moment de solitude et d’introspection.

Coincé·e dans les embouteillages après une longue journée au Grand Palais ? Veridis Quo de Daft Punk est le morceau idéal pour se détendre. La French Touch reste l’un des grands langages musicaux parisiens et Stress de Justice pousse cette filiation vers un territoire plus extrême : nerveux et élégant, il capture une ville toujours en retard de quinze minutes, mais qui continue d’avoir de l’allure. Paris Is a Bitch de Biga*Ranx dit tout haut ce que le reste de la playlist pense tout bas. Et si votre chauffeur·euse privé·e n’est toujours pas arrivé·e, Paris-Vélib’ de Philippe Katerine transforme le trajet à vélo en une expérience joyeuse et absurde.

Il y aurait encore beaucoup à ajouter. La semaine de la foire possède sa propre bande-son : la rumeur entre les stands, les conversations lors des vernissages dans les musées et les galeries, les rires qui accompagnent vos dîners, les larmes dans les chambres d’hôtel. Appuyez sur lecture. Et si tout cela devient trop, Édith Piaf offre la seule réponse acceptable : Non, je ne regrette rien. Rendez-vous au Grand Palais !

Légendes et crédits

Art Basel se déroule du 23 au 25 octobre 2026 au Grand Palais. Achetez vos billets ici.

Traduction française : Art Basel.

Légende de la vidéo d'en-tête : Bande-annonce du film Inner Worlds | Justice, d'Art Basel, 2025. Produit en collaboration avec Nowness.