Marcello Maloberti, CIEL, 2026

Présenté par la galerie Raffaella Cortese

Né en 1966 à Codogno, vit et travaille à Milan.

94 × 350 cm (néon)

Installation

Un néon traçant le mot « CIEL » est suspendu à 20 mètres de haut. Le mot est écrit à la main par l’artiste, Marcello Maloberti, qui déploie souvent de grandes œuvres temporaires dans l’espace public dans l’intention de créer des gestes spectaculaires. Mais le mot est écrit à l’envers, comme s’il était destiné à être lu par le ciel plutôt que par quiconque se trouvant en bas. Installée au bout d’une nacelle élévatrice, l’œuvre semble intentionnellement faire partie d’un chantier en cours.

Visuel : CIEL, 2023.

Yinka Shonibare, Abstract Bronze VIII, 2026

Présenté par la galerie Mennour

Né en 1962 à Londres, vit et travaille à Londres.

200 x 146.8 x 126.4 cm

Bronze peint à la main avec un motif de wax hollandaise

À travers la sculpture, le textile et la peinture, Yinka Shonibare explore les questions d’appropriation culturelle, de mondialisation et d’appartenance. Ici, une forme en bronze vrille et plisse sur elle-même, comme malmenée par le vent, le poids du métal soudain allégé à l’instar d’un tissu flottant figé en plein mouvement. La surface est peinte à la main de motifs de tissus wax hollandais – qui trouvent leurs origines en Indonésie, avant d’avoir été produits en masse par des entreprises néerlandaises et vendus en Afrique de l’Ouest, où ils sont devenus caractéristiques du style local. À travers ce motif, Yinka Shonibare exprime l’histoire complexe des échanges commerciaux entre l’Afrique et l’Europe.

Simone Fattal, Door, 2024

Présenté par les galeries Karma International, Balice Hertling, Greene Naftali, kaufmann repetto et Hubert Winter

Née en 1942 à Damas, vit et travaille à Paris.

120 x 118 x 75.3 cm

Bronze

Les sculptures de Simone Fattal puisent dans la mythologie, l’archéologie, l’architecture, mais aussi dans ses expériences de migration et d’exil. Coulée en bronze patiné, conservant les traces de la main de sa créatrice, Door illustre le langage visuel singulier de l’artiste. Deux éléments verticaux évoquent les vestiges d’une porte monumentale ou les fragments d’un mur brisé. Leurs surfaces usées par le temps rappellent la pierre érodée, l’argile crue, voire la peau humaine, conférant à Door une dimension de vulnérabilité. La sculpture est transpercée de longs clous, comme une tentative d’en consolider les éléments, tout en révélant la violence qui les a marqués.

Niki de Saint Phalle, Cat Head Totem, 2000

Présenté par la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois

Née en 1930 à Neuilly-sur-Seine, décédée en 2002 à San Diego.

335 x 213 x 140 cm

Mousse de polyuréthane, résine, armature et socle en acier, inserts en verre millefiori fusionné, galets en verre, pierre roulée, verre miroir et verre teinté

Niki de Saint Phalle s’inspirait souvent de sa vie personnelle pour son œuvre. De 1972 à 1993, elle crée le Jardin des Tarots, un parc de sculptures situé en Toscane et composé de 22 figures monumentales recouvertes de mosaïques aux couleurs vives et réfléchissantes. Après son installation en Californie dans les années 1990, elle entreprend un second jardin dans le même esprit : Queen Califia’s Magical Circle, son premier jardin aux États-Unis et son dernier projet majeur. Inspiré de l’histoire de la Californie, des mythologies amérindiennes et de la culture mésoaméricaine, le jardin rassemble dix sculptures, dont une édition de Cat Head Totem.

Manfred Pernice, bank-group, 2026

Présenté par les galeries Anton Kern et Neu

Né en 1963 à Hildesheim, vit et travaille à Berlin.

Dimensions variables

Bancs en béton

Le travail de Manfred Pernice brouille souvent la frontière entre l’art et les objets du quotidien. Le banc public est un motif récurrent dans sa pratique ; en transformant cet objet familier en sculpture, Manfred Pernice donne à voir les dimensions sociales et politiques du mobilier urbain. Dans bank-group, quatre bancs bas en béton – dotés de tiges métalliques et de détails décoratifs en céramique – font à la fois office de sièges, de sculptures et de repères architecturaux. Installés le long de l’avenue Winston Churchill, ils arborent une allure monumentale tout en donnant l’impression d’être inachevés, voire déconstruits ou brisés, comme s’ils avaient traversé des difficultés.

Visuel : Wien-Bank, 2008

Alicja Kwade, L’Élévation des Mondes, 2026

Présenté par la galerie Mennour

Née en 1979 à Katowice, vit et travaille à Berlin.

447 x 162 x 162 cm

Grès arc-en-ciel, Azul Macaubas, marbre noir, Viscont White, Fusion Wow, Pink Bubble, marbre de Carrare, Vasa, Verde Maculato, brèche

Travaillant principalement la pierre, les miroirs et l’acier, Alicja Kwade crée des sculptures qui interrogent les systèmes élaborés par l’homme pour expliquer et organiser le monde. Dans L’Élévation des Mondes, dix sphères en pierre polie ont été empilées pour former une grande tour à l’équilibre précaire. Évoquant immanquablement des planètes, ces sphères de pierre proviennent de différentes régions du monde ; façonnée par des milliards d’années d’histoire géologique de transformations et de temps, chacune arbore une couleur distincte. Cet empilement n’est pas sans rappeler la tour de Babel et sa mise en garde : certains systèmes créés par les humains précèdent souvent de peu l’effondrement.

Carmen Herrera, Angulo Amarillo, 2017

Présenté par la galerie Lisson

Née en 1915 à La Havane, décédée en 2022 à New York.

213.4 x 307 x 48.3 cm

Acrylique, aluminium

Carmen Herrera est une figure pionnière de l’abstraction géométrique, connue pour ses peintures composées d’aplats de couleur. À la fin des années 1960, elle commença à transposer ces compositions en œuvres tridimensionnelles — connues sous le nom d’Estructuras —, affirmant que ses peintures « ne demandaient qu’à devenir des sculptures ». En 2017, elle introduit une nouvelle forme : l’Angulo. Évoquant mouvement et rythme, sa disposition en chevron rappelle les motifs triangulaires et en losange de ses toiles. Cette œuvre conjugue la solidité d’un objet sculptural et l’apesanteur d’une forme céleste s’élevant vers le ciel. Cette sculpture a été demandée en prêt pour la prochaine rétrospective consacrée à l’œuvre de Carmen Herrera au musée Guggenheim Bilbao au printemps 2027.

Keita Miyazaki, A Symbiotic Form, 2025

Présenté par la galerie Rosenfeld

Né en 1983 à Tokyo, vit et travaille entre Londres et Tokyo.

350 x 550 x 550 cm

Pièces automobiles, papier japonais imperméable

Keita Miyazaki est connu pour ses installations sculpturales associant des matériaux contrastés tels que des pièces automobiles recyclées et du papier japonais. En 2011, sa pratique évolue : le tremblement de terre et le tsunami de Tōhoku l’amènent à réfléchir sur la fragilité, la transformation et la façon dont une nouvelle vie peut émerger de la destruction. Réalisée à partir de pots d’échappement, de silencieux de récupération et de papier plissé aux couleurs vives, A Symbiotic Form agit comme un organisme vivant, qui semble se répandre, évoluer ou opérer une mutation faisant écho au Grand Palais.